• Louis sarrazin

Des propositions pour un Ministère des Affaires Étrangères et du Développement International du XXIè


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L’administration nous invite dans une démarche participative à participer à une réflexion sur le MAEDI du 21ième siècle. En réponse à cette démarche les Conseillers Consulaires de Vienne ont formulé des propositions résumées ci-dessous sur la base d’une réflexion inclue dans ce document

Résumé des propositions

  • La mobilité et le service public dématérialisé

Du fait de la mobilité l’éducation, la carrière professionnelle et même plus récemment la retraite deviennent des moments qui sont susceptibles de se vivre à l’étranger.

L’importance des services Consulaires doit être soulignée avec un besoin de plus en plus conséquent pour aider à la constitution de dossiers atypiques concernant les actes de l’état civil et de services sociaux, les questions de retraites, surtout quand toutes les ressources des systèmes informatiques des administrations françaises ont été épuisées.

De même pour les étrangers il s’agit d’attirer vers notre pays des étudiants, des chercheurs, des techniciens ou même des ouvriers spécialisés qui manquent en France. Là encore les services consulaires seront de plus en plus sollicités pour l’attribution de visas de travail

Le service public se dématérialise et cette évolution est positive mais elle doit s’accélérer, il est nécessaire d’investir dans le matériel et les programmes, de construire une interactivité entre les systèmes administratifs dont dépend la vie de nos concitoyens (état-civil, aide social, retraite etc…).

  • Un exemple de fausse bonne idée : la valise Itinera qui est techniquement dépassée sans avoir pu être réellement déployée sur le terrain du fait de son poids et de ses performances techniques.

  • Une solution doit aussi être trouvée en ce qui concerne les numéros 0800 de l’administration française qui sont inaccessibles pour les Français de l’étranger

  • Pilotage et communication

Si les ambassadeurs ont un rôle pilote à jouer, il est important d’associer le plus largement possible les représentant(e)s de la société civile et les élu(e)s locaux c’est-à-dire les conseiller(e)s consulaires. De même si les conseils d’influence et les conseils économiques sont des instruments qui permettent entre autre la coordination des actions et s’ ils sont essentiels pour la diffusion des actions engagées, le Conseil Consulaire (rôle défini dans la loi) doit être informé des actions et des efforts en cours.

  • Au niveau international : Internet et les médias

Au XXIème, il n’y a pas de présence sans présence sur Internet. La diffusion des médias français via Internet doit être accessible partout dans le monde, il y va de la place de la langue française sur Internet.

Sur place, dans les différents pays, les Instituts Français et les Alliances Françaises sont et devront rester les relais pour continuer à diffuser la Culture et la Langue Française dans la

société (débat d’idées) mais devront aussi identifier les secteurs où une présence de nos médias pourraient être renforcée.

Un exemple est celui

  • de la nécessité d’une veille sur l’évolution des normes de diffusion de la télévision- de l’analogique au numérique puis vers la Haute définition(HD) et la Ultra-Haute Définition (UHD, 4K, etc…)-

  • d’un suivi des habitudes de consommation de la télévision pays par pays.

  • L’action culturelle et la vie associative

L’action culturelle reste un outil d’influence de premier plan, elle devrait là aussi articuler son action avec les autres acteurs sur place, comme par exemple avec le Lycée Français en ce qui concerne la partie éducation, construire des liens forts avec le système éducatif local quand cela est possible.

La vitalité des associations françaises est à souligner mais la pérennité de leurs actions dépend de l’énergie et de l’engagement de leurs membres. Il serait souhaitable de réfléchir aux soutiens que les ambassades pourraient apporter à ces engagements citoyens qui donnent une bonne lisibilité à la présence française et qui aident à l’intégration des nouveaux arrivés. Les initiatives locales en dehors des capitales sont particulièrement précieuses

  • Bourses

L’augmentation des frais de scolarité et la baisse relative de l’enveloppe consacrée aux bourses amènent les familles à ne plus faire le choix de scolariser leurs enfants au Lycée Français, l’incertitude sur le montant des bourses attribuées d’une année sur l’autre est un facteur négatif qui écarte des enfants du système scolaire français.

  • Les personnels

Il faut veiller à respecter les conditions de travail afin de préserver l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale/personnelle. Le droit du travail, en particulier celui des recrutés locaux doit être garanti par des contrats de travail négociés et, si possible, avec des opportunités pour pouvoir développer leurs carrières professionnelles.

Au niveau central, il est souvent souhaité une plus grande professionnalisation de la DRH afin de pouvoir développer des parcours professionnels. La gestion des ressources humaines doit devenir plus transparente et plus respectueuse de la vie privée des agents (surtravail, conjoint).

En conclusion

Il est nécessaire de faire état de quelques inquiétudes et ne pas oublier que la réflexion est guidée par la rigueur budgétaire. Mais il y a aussi besoin que les méthodes de travail se modifient pour faire face à la diminution des emplois.

La qualité du service public diplomatique, consulaire et culturel se doit d’être développée et la réflexion doit mettre en adéquation les missions et les moyens pour le réseau diplomatique et le réseau culturel et de coopération.


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