• Louis sarrazin

Lettre au Ministre Jean-Baptiste Lemoyne sur les subventions STAFE

Lettre en attente de réponse

Vienne le 5 décembre 2019


Louis Sarrazin Conseiller Consulaire Autriche, Slovaquie, Slovénie

Conseiller AFE Allemagne, Autriche, Slovaquie, Slovénie, Suisse

Vice-Président de la Commission de la Sécurité des personnes et des biens

Vienne, Autriche


Monsieur Le Ministre


Le nouveau dispositif STAFE a suscité beaucoup d’espoirs lors de son annonce et le remplacement de la réserve parlementaire dont l’utilisation des fonds manquait de transparence, avait été salué. Cependant l’expérience, encore récente après ces deux premières années, soulève bien des questions. J’ai suivi par ailleurs vos échanges de courriers avec les sénateurs Jean-Yves Leconte et Robert del Picchia sur ce sujet et je souhaitais vous faire part de trois cas concernant l’Autriche, la Slovénie et la Suisse. Si l’on peut considérer que la transparence est garantie par les critères définissant les projets finançables ou non, on se rend compte que dans la pratique et que d’une année sur l’autre les décisions prisent, varient énormément.

Cas 1 : Autriche et Suisse

En 2018 l’association « Institut franco-tyrolien d'Innsbruck » a déposé une demande pour l’organisation d’une fête de la musique et pour une autre activité dans la ville d’Innsbruck. L’Institut franco-tyrolien d'Innsbruck (http://franco-tyrolien.at/wordpress/) est une association de bénévoles qui a repris le flambeau de la culture française au Tyrol après la fermeture de l’Institut Français d’Innsbruck qui existait entre 1946 et 2015 depuis sa fondation par le Général Antoine Béthouart pendant la période de l’occupation française.

Le financement a été rejeté sous prétexte que la Fête de la Musique ne touchait pas suffisamment de Français. On pourrait accepter l’argument si en 2019 une association appelée « Fête de la Musique de Zurich » ne s’était vue accorder une subvention de 4000 € pour organiser une fête de la musique à Zurich ou à Arenenberg ! L’octroi d’une subvention à une association dont le nom implique que sa seule action est justement d’organiser cette fête me semble choquant car c’est en opposition avec les critères de sélection. En effet de nombreux projets ont été refusés sous prétexte qu’ils représentaient une activité dite de « routine » et non un projet différent ou spécifique.

En ce qui concerne la participation de nos compatriotes à la Fête de la Musique je ne doute pas que la communauté française soit plus importante à Zurich qu’à Innsbruck mais je maintiens que la petite et fragile association du Tyrol avait grand besoin de cette subvention et les touristes Français auraient surement aussi apprécié les spectacles. ( sans oublier le rayonnement d’un tel événement )

Cas 2 : Slovénie

Dans le cas de la Slovénie la demande faite en 2019 était pour repeindre et redécorer le couloir d’entrée de l’école Française de Ljubljana qui est une école conventionnée du réseau AEFE. Ce petit établissement scolaire qui a en ce moment 70 élèves connaît plusieurs années très difficiles de par la chute des inscriptions dues aux départs d’expatriés dont ceux de la Société Générale après la décision du groupe de se retirer des Balkans et de la plupart des pays d’Europe Centrale dont la Slovénie. Ces années de disette ont impacté les réserves financières et le choix de demander un financement STAFE était une évidence car l’école semblait satisfaire à tous les critères :

• Public Français,

• Rayonnement de la France car le hall d’entrée d’une école est la carte de visite de l’établissement puisque c’est la première chose que les parents voient quand ils entrent dans l’établissement

• Montant modique demandé au vu de la taille de l’école

À notre grande surprise la subvention a été refusée et les travaux n’ont bien sûr pas été faits. Quand j’ai posé des questions sur la rationalité de la décision, il m’a été répondu que c’était de l’entretien qui était fait régulièrement. Cet argument est irrecevable car repeindre des couloirs d’école est une action qui doit être programmée longtemps à l’avance, en période de vacances, quand justement les artisans ne sont pas toujours disponibles et avoir une période suffisamment longue pour être sûr que les odeurs auront le temps de se dissiper.

Ces exemples, Monsieur le Ministre, sont juste des cas isolés qui ne sont pas représentatifs des résultats des critères de sélection. Je voudrais cependant insister sur le fait que si des projets sont proposés en Conseil Consulaire c’est qu’il y a un réel besoin au niveau local. Il est certain que l’enveloppe de 2 Millions € n’est pas suffisante pour satisfaire tous les besoins de la planète mais une égalité de traitement doit être assurée (pourquoi une fête de la musique serait acceptable à Zürich mais pas à Innsbruck ?). Nous souhaiterions aussi voir les petits projets soumis par des petites structures, favorisés au dépend des plus gros.


Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma très haute considération.

Louis Sarrazin


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