Paul & Sophie : Vienne à deux temps, l’expatriation comme accélérateur de vie
Rencontrés lors d’un échange Erasmus à Vienne, Paul et Sophie ont fini par revenir s’y installer quelques années plus tard. Entre coup de cœur initial, adaptation en douceur et réflexions sur un potentiel retour en France, ils racontent avec spontanéité ce que l’expatriation leur a appris — sur eux, sur leur couple, et sur la France.
Un retour aux sources… autrichiennes
En 2015, Paul et Sophie se rencontrent à Vienne dans le cadre de leurs études. Un an ensemble comme amis d’abord, puis comme couple. À la fin de l’année, ils repartent en France, mais le projet de revenir s’installe doucement.
« On s’était dit un jour on retournera à Vienne… Et puis un jour, on y est retournés. » — Sophie
C’est finalement un poste professionnel qui précipite les choses. "On pensait avoir le temps de se préparer… et en fait, on a dû faire les valises en quelques semaines." Le timing parfait, sans qu’ils le sachent encore.
« C'était un peu plus rapide qu'on pensait... mais en fait, c'était le bon moment. » — Sophie
Vienne, entre calme impérial et dynamisme inattendu
Installés depuis 3-4 ans, Paul et Sophie vantent une capitale aux multiples visages : verte, fluide, paisible, cosmopolite. Paul se rappelle avec enthousiasme son premier plongeon dans le Danube dès son arrivée :
« Il y avait un truc très libre dans la ville... c’était un coup de foudre. » — Paul
Sophie, initialement sceptique, a été conquise :
« Je pensais que j'allais casser mon rêve d'États-Unis... et j'ai découvert une ville où on peut vraiment bien s'amuser. »
Si Paris garde une avance culturelle et gastronomique (dixit les nostalgiques de la baguette), Vienne charme par son accessibilité : baignades en ville, forêt viennoise à deux pas, vins locaux étonnants et infrastructures au cordeau.
« On peut faire un apéro en bateau sur le Danube un mardi soir. Qui dit mieux ? » — Paul
Le choc (doux) des cultures
Côté travail, l’Autriche offre des contrastes marquants avec la France : horaires plus matinaux, culture anti-présentéisme, longues pauses parentales encouragées.
« Le vendredi après-midi, c'est week-end. Sauf quand on bosse à l'ONU. » — Paul
Le congé parental autrichien ? Un an, souvent réparti entre les deux parents. Un modèle à double tranchant : progressiste sur le papier, mais reflétant aussi une société encore patriarcale.
Mais la plus grande surprise, c’est l’impact personnel et conjugal de l’expatriation.
« Je suis persuadé qu’on ne se serait pas mariés si on n’était pas partis vivre à Vienne. » — Paul
« On a appris à se recréer un cercle social, à se débrouiller, à oser. » — Sophie
Loin de leurs repères, ils ont dû tout réinventer : amis, réseaux, engagements… et ils ne s’en sortent pas si mal, entre implication à la Croix-Rouge, engagements politiques (Parti Socialiste), et nombreux apéros polyglottes.
S’intégrer… ou pas ?
L’intégration a pris du temps, mais pas forcément pour les raisons attendues :
« Ce n’est pas que les Autrichiens sont fermés, c’est juste que les gens ne cherchent pas forcément de nouveaux amis dans leur propre ville. » — Sophie
« On s'était dit qu'on allait traîner qu'avec des Autrichiens pour progresser en allemand... On s'est un peu punis socialement tout seuls. » — Paul
Aujourd’hui, leur cercle est très international, composé d’Autrichiens, bien sûr, mais aussi de Hongrois, d’Italiens, de Français... et même d'un copain de pub, irlandais par ailleurs, présent à leur mariage !
« On est plus ouverts aux rencontres quand on est à l’étranger. » — Paul
Ce que l’expatriation leur a appris
Chacun en tire des leçons personnelles fortes.
Pour Sophie : sortir de sa zone de confort, créer activement du lien. Pour Paul : oser les réinventions professionnelles, loin des normes et des regards familiaux.
« À Paris, je n’aurais jamais osé bosser dans un resto pendant un an. Ici, ça m’a permis de me recentrer et de me libérer. » — Paul
Et pour leur couple ? Une complicité renforcée, une trajectoire accélérée. Leur mariage à Vienne en est une illustration.
« L’expatriation nous a rapprochés à vitesse grand V. » — Paul
Et après ?
Le retour en France n’est pas exclu, mais rien ne presse. S’ils se sentent « trop français pour rester à vie », ils profitent pleinement de ce que la vie viennoise leur offre aujourd’hui.
« On ne court pas après Paris, mais on ne restera pas toute notre vie ici. » — Sophie
« Il y a des choses qu'on ne maîtrise jamais totalement dans une autre culture. » — Paul
Conseils pour futurs expats ?
• Définir le but de l’expatriation : immersion culturelle ou envie de nouveauté ?
• Ne pas sous-estimer le manque des proches.
• Viser des villes cosmopolites pour un atterrissage en douceur.
• Et surtout, OSER.
« L’expatriation, c’est un accélérateur de tout : de carrière, d’amitiés, de couple… et même de mariage ! » — Sophie
À noter dans vos carnets
« Les Autrichiens adorent l'accent français. Dès que je m'excusais, ils me répondaient : "Mais continue, c’est magnifique !" » — Sophie
À quelle saison visiter Vienne ?
« Tout le monde pense à Noël, mais venez en été ! La ville est juste incroyable. » — Paul