Enseignement du français à l'étranger

L’Enseignement du français à l’Etranger, un dossier compliqué demandant toute notre attention et notre engagement

L’Enseignement du français est un enjeu important pour les familles françaises dans le monde.

Il repose sur un réseau unique d’écoles au monde qui, en 2025-2026, compte environ 600 établissements homologués répartis dans 138 pays. Coordonné principalement par l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE) sous la tutelle du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, ce réseau accueille près de 400 000 élèves.

Notre circonscription compte 3 établissements : Le Lycée Français de Vienne (LFV), L’Ecole Française Internationale de Bratislava (EFIB) et l’Ecole Française de Ljubljana (EFL) scolarisant au total près de 2400 élèves.

Ces établissements en plus de permettre à nos enfants d’avoir une éducation homologuée par le Ministère de L’Education Nationale sont des outils puissants de diplomatie d’influence. En effet, seul un tiers des élèves sont des ressortissants français ; la majorité étant composée d'élèves du pays d'accueil ou de nationalités tierces.

Cette scolarité a un coût : entre 5700 et 7400 euros selon les écoles et les niveaux. Cela représente pour beaucoup un investissement et pour trop de familles un sacrifice financier. Le coût ne doit pas être un facteur de choix pour les familles.

 

Des aides conséquentes mais insuffisantes ?

Les bourses de l'AEFE aident les familles françaises à l'étranger à payer les frais de scolarité de leurs enfants dans le réseau homologué (primaire/secondaire). L'aide est soumise à des critères de nationalité, de résidence et de ressources, et est versée directement aux établissements. Elle prend en charge, à la hauteur de la quotité retenue, les frais d'inscription et de scolarité ainsi que les frais parascolaires (demi-pension, frais de transports, droits d’inscriptions aux examens…). Sans ce soutien financier, beaucoup de familles ne pourraient se permettre d’offrir à leurs enfants une scolarité « en français à la française ». En effet, depuis 2021, nous avons pu soutenir les familles de la circonscription à la hauteur de près de 2,5 millions d’euros.

Cependant, nous remarquons depuis ces dernières années une baisse du nombre de dossiers de bourses et ce malgré une hausse régulière des frais de scolarité. Pour trop de familles le reste à charge après les aides est encore trop important ; pour d’autres c’est la complexité des dossiers à constituer et le côté intrusif dans la vie privée qui découragent. Faire le choix d’une telle scolarité pour son enfant, c’est aussi s’engager financièrement sur plusieurs années, il peut donc aussi être difficile pour des familles de se projeter quant à leur capacité financière future à assumer ce choix à la vue de l’augmentation incessante des frais d’écolages dans une conjoncture économique instable.

 

Un réseau en crise…

L’AEFE et ses établissements traversent actuellement une crise sans précédent. En effet, le conseil d’administration de l'agence du 18 décembre 2025 a voté des mesures d'urgence pour combler un déficit de 59 M€, incluant le transfert de charges de pensions civiles des personnels détachés aux établissements dès 2026 et entraînant de fortes hausses de frais de scolarité. Ces décisions inacceptables font peser les coûts sur les familles et fragilisent le réseau. Cette attitude autoritaire de l’AEFE peut non seulement inciter les comités de gestion parentaux à s’interroger sur le fait d’être conventionnés ou non, mais aussi les y contraindre.

La Ministre a rappelé lors du webinaire organisé avec les conseillers des Français de l’étranger le 26 février dernier que les décisions prises en décembre n’étaient que des mesures financières d’urgence et non la réforme de l’AEFE ; le cadre de celle-ci ne sera annoncé que dans quelques mois. La sourde attitude dont fait preuve le gouvernement depuis l’été dernier face à la ferme opposition de l’ensemble des syndicats, des parlementaires et des conseillers des Français de l’étranger à l’annonce de ces charges supplémentaires pour les établissements et donc les familles nous autorise à avoir de fortes inquiétudes quant aux prochaines déclarations.

Nos écoles, ce sont bien sûr aussi l’ensemble des personnels qui y travaillent chaque jour pour offrir cet enseignement de qualité. Dans le contexte d’agitation de ces derniers mois et des incertitudes à venir, tous statuts confondus, ils subissent eux aussi une forte pression et peinent à se projeter dans leur avenir professionnel, et par conséquent personnel.

 

Dans ce contexte, quelles sont les actions de vos conseillers dans le domaine de l’éducation ?

En définitive, nous nous engageons à défendre une augmentation des moyens de l’enseignement français à l’étranger en général en nous efforçant de représenter au mieux tous les acteurs.

- Par Frédéric Le Vouëdec-Guéganno